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[DOSSIER DE PRESSE] Face à la dureté de la crise, il faut des réponses ambitieuses et durables pour les personnes à la rue et mal-logées

Avec près de 190 000 places d’hébergement en fonctionnement et l’ouverture de 9 000 places d’hébergement hivernal depuis le 18 octobre, date de démarrage du plan hiver, la mobilisation de l’État et des associations est forte pour héberger et accompagner les personnes à la rue dans un contexte de crise sanitaire qui pénalise durement les populations les plus exclues. Pour autant, la situation reste toujours aussi dramatique pour un nombre très important de personnes à la rue ou mal-logées :

Le 13 novembre, 3500 personnes (dont un millier sur Paris) ont appelé le 115 sans obtenir de place d’hébergement. Dans les grandes villes, et contrairement au premier confinement, les chiffres du 115 montrent un taux de demandes non pourvues avoisinant les 80 à 90%. En journée, les contraintes liées aux mesures sanitaires diminuent les capacités de prise en charge des accueils de jour, avec des personnes qui se retrouvent à la rue toute la journée, en rupture d’accompagnement et de lien social. Dans ce contexte de pénurie, le principe d’accueil inconditionnel et celui de la continuité de l’accueil, sont quotidiennement remis en cause.

Dans les mois à venir, l’affaiblissement des ressources conjugué à l’augmentation des charges liées au logement risque de mettre de nombreux locataires en difficulté pour payer leurs quittances de loyer et leurs factures d’énergie, faisant craindre une vague d’expulsions importantes dans les mois qui suivront la fin de la trêve des expulsions locatives, en avril 2021. Ces expulsions risquent d’intervenir alors même que le nombre de personnes sans domicile, qui a doublé depuis 2012, concerne aujourd’hui environ 300 000 personnes (selon la définition donnée par l’INSEE des personnes SDF comprenant les personnes à la rue, hébergées ou vivant dans un abri de fortune), que le nombre de relogements de personnes sans domicile reste très en deçà des besoins et que le parc d’hébergement est complètement saturé.

Sans autre alternative, plus de 16 000 personnes vivent aujourd’hui en bidonville dans la plus grande précarité, et dans la peur d’une expulsion signifiant un retour à la rue.  Les expulsions de campements, squats et bidonvilles ont repris de manière accélérée depuis l’été jusqu’à la trêve hivernale : selon l’Observatoire des expulsions de lieux de vie informels, parmi les 1 079 expulsions depuis le 31 octobre 2019 – dont 699 depuis le début de la crise sanitaire – 90 % n’ont pas été suivies d’une solution de logement ni d’hébergement. Lorsque des propositions sont faites, il s’agit majoritairement de mises à l’abri temporaire, qui ne permettent pas aux personnes expulsées de sortir durablement de la précarité, de se projeter et de s’ancrer dans un lieu de vie pérenne. Le 17 novembre, selon le communiqué de la préfecture, 3 000 personnes ont été évacuées d’un campement en Seine-Saint-Denis, pour être “mises à l’abri” dans des hébergements d’urgence ou en gymnase, une solution inadaptée dans le contexte sanitaire et contraire aux instructions gouvernementales du 3 novembre. Cette opération particulièrement violente a laissé plus de 500 personnes dans la rue sans solution.

La précarité a un impact direct sur la santé des personnes vivant à la rue. Selon le Collectif des morts de la rue, au moins 659 personnes sont décédées en 2019 à un âge particulièrement jeune, 50 ans en moyenne contre 79 ans en population générale. Chaque année, plus de 10 000 personnes ne disposant pas de logement et atteintes par une ou plusieurs pathologies graves demandent à être admises en appartement de coordination thérapeutique sans succès, faute de places disponibles.

Enfin, malgré un engagement fort de l’Etat et des associations pour renforcer les distributions alimentaires et distribuer des chèques services aux ménages précaires, la demande de produits d’alimentation et d’hygiène ne diminue pas depuis le premier confinement. De nouveaux publics, jeunes, familles monoparentales, travailleurs précaires sollicitent ces distributions et témoignent de la paupérisation d’une partie importante de la population.

Dans un tel contexte, il est impératif de répondre aux urgences sociales en garantissant l’hébergement inconditionnel et l’accompagnement de toutes les personnes à la rue, tout en développant des solutions ambitieuses à court et moyen termes pour garantir à chaque personne un logement digne et pérenne. Or, en ajoutant les aides exceptionnelles annoncées par le 1er Ministre le 24 octobre dernier, le plan de relance dédie moins de 3 % des 100 milliards d’euros aux plus précaires, un grand nombre de jeunes restent sans ressource faute d’accès au Rsa, les attributions de logement sociaux sont au plus bas (- 100 000 en 2020), la production neuve de logement sociaux est à la baisse, en raison notamment des ponctions infligées aux bailleurs sociaux, et l’écart entre les bas revenus et les coûts liés au logement est de plus en plus difficile à combler en raison des coupes dans les aides personnelles au logement (APL). 

Pour mettre durablement fin au sans-abrisme, il est indispensable d’investir massivement dans une politique ambitieuse de Logement d’abord et d’aller au-delà des objectifs fixés dans le cadre du plan quinquennal de 2017 ; cela afin d’accompagner vers le logement toutes les personnes actuellement hébergées et les personnes à la rue, mais aussi de relancer la construction de logements à vocation sociale à très bas loyer, ce qui constituera par ailleurs un levier majeur de création d’emplois et de croissance économique au service de l’intérêt général en temps de crise. 

> Le dossier de presse en PDF

> Les 16 propositions du CAU pour répondre à l’urgence sociale et investir dans une politique sociale de l’habitat qui permette la sortie vers le logement

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COMMUNIQUE DE PRESSE / Fin de l’état d’urgence sanitaire : Ne passons pas d’une crise sanitaire à une crise humanitaire !

Paris, le 2 juillet 2020,

Le 10 juillet marque la fin de l’état d’urgence sanitaire et, avec elle, la fermeture des hébergements « hivernaux », l’arrêt des mises à l’abri sanitaires et la reprise des expulsions. Pour les 39 associations du Collectif des Associations Unies, cette date ne doit pas signifier la fin de l’aide apportée aux milliers de personnes sans-abri et mal-logées, pour qui les problèmes ne s’arrêteront pas le 11 juillet.

Les mesures déployées par les acteurs de la solidarité avec les services de L’État pendant la crise sanitaire, ont marqué une avancée importante dans la protection des plus vulnérables. 20 000 places d’hébergement dont 12 000 à l’hôtel ont été ouvertes, 14 000 places hivernales ont été maintenues, des centres de desserrement Covid-19 ont ouvert, des points d’eau dans certains bidonvilles ont été installés, des chèques service ont été distribués, la trêve des expulsions a été prolongée… Au-delà d’un répit pour les personnes, cette mobilisation a montré qu’avec des moyens, des solutions étaient possibles pour les personnes sans-abris et mal-logées !

Pourtant, ces efforts sont à nouveau circonscrits dans le temps et les associations du Collectif sont déjà les témoins d’un « après » inquiétant sur certains territoires. Depuis le déconfinement, nous assistons à la fermeture anticipée de centres d’hébergement et d’hôtels mobilisés pendant la crise, qui avaient permis de voir baisser les appels au 115 de 70%.

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Le 10 juillet cette situation risque fort de se dégrader rapidement, menaçant à nouveau les plus vulnérables. Si rien n’est fait pour l’en empêcher, la reprise des expulsions locatives comme celle des bidonvilles et squats, ainsi que la diminution des capacités d’hébergement et d’intervention sociale, provoqueront une vague de mises et de remises à la rue. Une catastrophe sociale qui doit à tout prix être évitée, à l’aube d’un été qui s’annonce caniculaire et face à un risque sanitaire toujours présent.

Face à cette urgence, le Ministre de la Ville et du Logement vient de s’engager à ce qu’aucune personne hébergée ne soit remise à la rue sans solution alternative. Il s’engage également à ce qui n’y ait aucune expulsion sans solution de relogement et annonce la publication d’une circulaire dans les prochains jours. Le Collectif des Associations Unies demande un engagement ferme et vérifiable de la part des pouvoirs publics – Etat et collectivités locales – pour maintenir, pérenniser et renforcer les mesures de protection, les capacités d’accueil qui ont été déployées pendant le confinement et les capacités d’orientation des ménages vers des solutions dignes et durables de logement. Quel que soit le statut administratif des personnes vulnérables concernées, aucune expulsion ou remise à la rue sans solution ne doit donc intervenir. Les associations du Collectif veilleront au respect de ces engagements. Pour atteindre ces objectifs le Collectif demande l’organisation dès la semaine prochaine et dans tous les départements de réunions associant l’ensemble des acteurs de l’hébergement et du logement sous l’égide du Préfet.

La fin de l’état d’urgence sanitaire doit être l’occasion d’un changement d’échelle ambitieux et nécessaire pour en finir avec le sans-abrisme et le mal-logement. Le Collectif des Associations Unies réitère ses 15 mesures à adopter d’urgence pour transformer l’essai et éviter d’ajouter de la misère à la crise économique et sociale.

 

Contacts presse :

Anne Lambert de Cursay, Chargée des relations médias – Fondation Abbé Pierre

alambertdecursay@fondation-abbe-pierre.fr – 06 23 25 93 79

Audrey-Jane Baldi – Responsable du service communication – Fédération des Acteurs de la Solidarité

audrey-jane.baldi@federationsolidarite.org – 06 17 80 03 52

Hélène Denise, Coordinatrice du Collectif des Associations Unies

hdenise@fap.fr – 06 16 76 22 30

> Le communiqué de presse en PDF

> Les 15 mesures à adopter d’urgence pour les personnes sans-abri et mal logées

 

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Plan de relance : 15 mesures à adopter d’urgence pour les personnes sans-abri et mal logées

Jeudi 7 mai 2020, Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement, annonçait le prolongement de la trêve hivernale jusqu’au 10 juillet. Une décision d’une absolue nécessité en pleine crise sanitaire et sociale. Mais si les personnes sans abri, mal logées, et celles qui ont des difficultés à payer leur loyer ont gagné quelques semaines de répit… le problème restera entier au mois d’août !
Depuis les annonces du confinement, la mobilisation générale des associations, des structures de solidarité, et des services de l’État a pourtant permis de déployer des moyens jamais obtenu jusqu’ici pour protéger les personnes les plus vulnérables : levée de la fin de la trêve hivernale, ouverture de places d’hébergement supplémentaires à l’hôtel, de centres de desserrement Covid-19, versement d’une prime de solidarité aux plus précaires, distribution de chèques services…
A ce stade, il est encore temps d’éviter la catastrophe sociale annoncée ! Le plan de relance du gouvernement doit être l’occasion d’un changement d’échelle pour mettre fin au sans-abrisme, réduire le nombre de ménages mal-logés, en fixant des objectifs ambitieux en termes de sorties de rue, de bidonville, de squat, ou de l’hébergement vers le logement, de production de logements très sociaux et logements accompagnés et de rénovation des logements indignes et énergivores.

Cliquez ici pour lire les 15 mesures à adopter d’urgence pour les personnes sans-abri et mal logées

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Un mois après le début du confinement, que deviennent les personnes sans domicile et mal-logées ?

Le Collectif des associations unies (CAU) tire un premier bilan de ces semaines proches du chaos pour les personnes  les  plus  exclues,  dans  un  dossier alimenté  par  de  très  nombreuses  remontées  de terrain.

Animés en grande partie par des bénévoles parfois âgés, touchés par l’absence de personnels malades ou devant garder leurs enfants, agissant sans gants ni masques, les accueils de jour, maraudes et distributions alimentaires ont vu leur fonctionnement perturbé.
Le choc a été dramatique pour des dizaines de milliers de personnes à la rue ou en habitat précaire, privées de leurs moyens de survie habituels, ne trouvant plus d’accès à l’hébergement, à l’alimentation, à l’eau ou aux soins.
Depuis,  de nombreuses  avancées  ont  été  réalisées  grâce  à  la  mobilisation  des  pouvoirs  publics  et  des associations. L’accès à l’alimentation s’est réorganisé difficilement. 9 000 places d’hébergement  ont  été créées en urgence et 80 Centres d’hébergement spécialisés (CHS) ont ouvert pour accueillir des personnes malades du Covid-19.
Pour autant, les associations du collectif tiennent à mettre en avant les alertes les plus préoccupantes. Des milliers  de  personnes  sont  encore  à  la  rue,  appelant  le  115 en  vain (comme c’est le cas de près  de  2000 personnes chaque  soir) ou ayant renoncé à le faire. Les solutions d’hébergement, parfois à  plusieurs par chambre à l’hôtel ou dans des centres, voire dans des gymnases, sont rarement adaptées. Dans  les bidonvilles,  dans  les  foyers  de  travailleurs  migrants  et  pour  certains  groupes  de Gens  du  voyage,  des situations  de mal-logement  extrêmes,  sans  possibilité  de  rester  confiné  ou  de  respecter  correctement  les gestes-barrière,  exposent  des  populations  particulièrement  vulnérables au risque de la contamination. Certains territoires, notamment Paris, Toulouse, Marseille, Calais, Grande-Synthe, Mayotte ou la Guyane concentrent un grand nombre des situations les plus délicates.

Cette  interpellation  du  Collectif  des  associations  unies vise  à  empêcher  de  nouvelles  hécatombes. De nombreuses actions volontaristes, que l’on disait hier impossibles, ont été accomplies, mais beaucoup reste à faire. Les personnes sans domicile ont besoin de mesures de survie : réquisition des hôtels et bâtiments vides, dépistage prioritaire, accès aux gants, masques, gels et gardes d’enfants pour les travailleurs sociaux, aides financières exceptionnelles pour compenser les chutes de revenus et éviter les impayés de loyer ou de charges.

A  moyen terme, l’après-confinement devra permettre des changements profonds. Pour éviter, à chaque crise ou chaque hiver, de bricoler des solutions palliatives en urgence, le système d’aide aux personnes sans domicile doit définitivement s’orienter vers le Logement d’abord, l’augmentation des minima sociaux et une facilitation des régularisations administratives.

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CONFERENCE DE PRESSE DU 19.12 : LES PERSONNES SANS-DOMICILE ET MAL-LOGÉES SANS SOLUTION

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Mercredi 19 décembre 2018 – 11 heures, à la Cité de Refuge – Centre Espoir, Paris

Depuis le printemps dernier, les associations dénoncent les difficultés croissantes des personnes pour accéder au logement et à l’hébergement d’urgence. Elles ont sonné l’alarme auprès du Premier Ministre à ce sujet au début de l’été 2018 et l’ont rencontré le 28 novembre 2018.

Malgré les engagements du gouvernement et la mise en place du plan hiver, l’urgence s’aggrave d’année en année pour les personnes sans-abri et mal-logées faute de solution pérenne. Dans le contexte des mobilisations sociales qui interpellent directement le gouvernement sur le pouvoir d’achat et les conditions de vie, les intervenants apporteront leur analyse et leurs propositions, au regard de la stratégie du Logement d’Abord lancée en septembre 2017, de la stratégie pauvreté annoncée en septembre 2018, de la loi ELAN promulguée en octobre 2018, du projet de loi de finances 2019 en cours de discussion et du plan hiver.

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Lettre ouverte au Premier Ministre

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Paris, le 10 décembre 2018

Monsieur le Premier Ministre,

Dès les premiers jours de votre gouvernement, les associations de lutte contre l’exclusion ont présenté leurs propositions concernant la lutte contre la pauvreté, l’amélioration des conditions de vie des plus précaires et des personnes mal-logées.

Les mobilisations sociales actuelles témoignent d’une forte demande de revalorisation du pouvoir d’achat des salariés modestes et des personnes en situation de précarité qui n’arrivent plus à faire face à leurs dépenses quotidiennes de logement, de transport, d’alimentation ou de loisir. En effet, des décisions prises ces derniers mois, sont venues dégrader la situation des personnes les plus précaires, mais aussi de toutes celles aujourd’hui tout juste au-dessus du seuil de pauvreté, et qui craignent un déclassement durable. Vous avez en effet décidé la désindexation des retraites, des allocations familiales et des allocations logement, qui contribuent pourtant fortement à réduire la pauvreté et son intensité. En parallèle, les possibilités d’accès au logement des ménages les plus modestes ont été réduites, par les économies réalisées dès 2018 sur les aides logement, qui se poursuivront en 2019, et par les mesures prises envers les bailleurs sociaux, qui diminuent leur capacité à entretenir le parc existant mais également à produire des logements accessibles aux ménages à bas revenu. Aux côtés de l’augmentation des prix de l’énergie, ce sont aussi ces décisions qui nourrissent la crise sociale actuelle, tant elles diminuent la capacité de nos concitoyens les plus modestes de vivre dignement et de répondre à des besoins fondamentaux : se loger, s’alimenter, se soigner, pouvoir participer à la vie sociale mais aussi pouvoir occuper un emploi. Pour engager une véritable transition écologique et solidaire, nous pensons indispensable de renoncer aux coupes budgétaires effectuées sur les prestations visant à aider les ménages les plus pauvres. Nous demandons la revalorisation du RSA et son ouverture à 18 ans, la ré-indexation des allocations familiales et des allocations logement, ainsi que des mesures favorisant la rénovation thermique des logements, à la fois pour réduire les charges pesant sur les ménages et limiter les dépenses énergétiques.

Pour aider les ménages aux ressources modestes à accéder et se maintenir dans leur logement, nous proposons dans le budget 2019 une revalorisation des APL, un moratoire sur les coupes budgétaires affectant le logement social ainsi que la mise en oeuvre de l’encadrement des loyers dans les grandes métropoles.
Dans le même temps, il faut lutter activement contre le non recours aux droits sociaux, notamment en simplifiant les démarches administratives tout en donnant un égal accès au numérique à chacun, pour éviter que des territoires mal équipés ne se voient privés d’accès aux droits.
Vous avez indiqué qu’une consultation nationale serait engagée sur la transition énergétique, le système fiscal et la dépense publique ; les associations qui luttent contre l’exclusion et la pauvreté demandent à y participer en raison de leur engagement et de leur connaissance des besoins des personnes les plus précaires. La participation de ces personnes à ce débat nous paraît d’ailleurs essentielle et elle peut être organisée à partir des instances qui les réunissent aujourd’hui, notamment les conseils régionaux des personnes accompagnées.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre haute considération.

Pour le Collectif Alerte, François Soulage, Président

Pour le Collectif des Associations Unies,

Christophe Robert, Délégué Général de la Fondation Abbé Pierre,

Florent Guéguen, Directeur de la Fédération des Acteurs de la Solidarité

>>> La lettre au format pdf ici

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Rencontre à Matignon : quelles solutions?

Les associations ont été reçues le 28 novembre 2018 par le Premier Ministre, en présence notamment des ministres Christophe Castaner, Jacqueline Gourault et Julien Denormandie, de la secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé Christelle Dubos, du DIHAL Sylvain Mathieu et du DIAIR Alain Régnier.

Le gouvernement a salué le travail des associations sur le terrain. Il a pris acte de la nécessité d’un travail interministériel en matière de politique du logement et de l’hébergement. De plus, les ministres se sont montrés prêts à mieux travailler en concertation avec les associations qui sont témoins de ce que vivent les personnes les plus en difficulté dans notre pays.

De leur côté, les associations ont insisté sur les blocages persistants concernant notamment le financement de la politique sociale du logement (APL, rénovations de logements indignes, logements sociaux, CHRS…), l’ambition à donner à la stratégie du logement d’abord, l’attribution de titres de séjours aux personnes bloquées dans l’hébergement d’urgence, les difficultés rencontrées par les mineurs non accompagnés, les attributions de logements sociaux insuffisantes pour les ménages en grande précarité et la nécessité d’apporter une réponse digne et inconditionnelle à toutes les personnes à la rue …

Sans une impulsion nationale plus forte et ambitieuse, elles doutent que les efforts du gouvernement suffiront à mettre fin à une gestion au thermomètre des personnes sans domicile, qui amène à remettre à la rue de personnes en détresse et sans solution chaque année, en totale contradiction avec la stratégie du logement d’abord annoncée dès 2017.

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La Promesse à Tenir du Président – conférence de presse du CAU le 20.7.2018

« Je ne veux plus (…) avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus. »

Emmanuel Macron, Président de la République Française,

27 juillet 2017, promesse réitérée le 31 décembre 2017

-> le sujet vidéo réalisé par Konbini News à l’occasion de la prise de parole du CAU : sur Facebook et sur Youtube

-> la brochure chiffrée de notre conférence de presse du 20 juillet ici : CAU chiffres visuels

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Crédits Photo : Sébastien Godefroy 2014

 

Seul un tiers des personnes appelant le 115 obtiennent une solution d’hébergement[1] >> 1 demande sur 2 concerne des familles !

Malgré 5 000 places d’hébergement pérennisées à la fin de l’hiver, le printemps a été marqué par la recrudescence des remises à la rue de personnes accueillies en hébergement d’urgence, à la suite de la fin des plans hiver mais aussi d’un phénomène accru, selon les territoires, de priorisation des personnes en difficulté selon des critères sélectifs (typologie du ménage, âge des enfants, maladie), voire même d’arrêt des admissions au titre de l’hébergement d’urgence. La situation s’aggrave et le 115 reste saturé. Les associations craignent ainsi une aggravation importante du sans-abrisme dans notre pays au cours de cet été.

« À Marseille, à Nice et dans les Hauts-de-Seine, cette situation est particulièrement préoccupante. Dans le Rhône, ces critères de priorisation sont également en œuvre. À Paris, ce sont environ 130 familles qui sollicitent chaque jour le 115 sans obtenir de solution faute de places disponibles en hébergement ou dans le logement. Dans le Val de Marne, certaines associations n’observent plus aucune admission par le 115 depuis plusieurs semaines. À Toulouse, seuls 10% des appels au 115 qui aboutissent à une communication téléphonique obtiennent une solution d’hébergement d’urgence. »

57 millions d’euros en moins pour l’hébergement d’insertion sur 4 ans !

La priorité donnée cet hiver à la mise à l’abri temporaire des personnes sans abri, au détriment de l’hébergement d’insertion qui voit ses crédits diminuer de 57 millions d’euros sur 4 ans (dont 20 millions dès 2018), risque fort de conduire à une augmentation du nombre de personnes à la rue, là où la stratégie du « Logement d’Abord » devrait permettre d’investir dans le logement et des réponses plus dignes et durables. 

 Des économies budgétaires sans précédent sur le logement social !

Le « Plan quinquennal pour le Logement d’Abord » visant la production de 10 000 places en pension de famille et de 40 000 places en intermédiation locative ainsi qu’un plan de prévention des expulsions locatives va dans le bon sens. Mais les économies budgétaires sans précédent faites sur le logement social pour les trois ans à venir auront nécessairement un impact très négatif sur la production neuve, la rénovation des logements, les services rendus aux locataires les plus en difficulté. Une contradiction dans ce plan à laquelle les associations n’auront pas la capacité de répondre face aux besoins sociaux des personnes sans-domicile.

Baisse puis gel des APL et une loi ELAN en contradiction avec la loi SRU !

De même, la baisse de 5 euros par mois des APL et leur gel en 2018 viennent fragiliser encore davantage les ménages pauvres et modestes qui rencontrent d’importantes difficultés pour accéder ou se maintenir dans leur logement. Enfin, de nombreuses mesures discutées dans le projet de loi ELAN sont en contradiction avec la stratégie du « logement d’abord ». C’est le cas en particulier des évolutions de la loi SRU (loi faisant obligation de construction de 25% de logements sociaux), de la remise en cause de l’encadrement des loyers ou encore des mesures d’encouragement de la vente du parc HLM qui visent pour partie à compenser les réductions budgétaires de l’Etat en matière de productions de logements sociaux.

Des propositions concrètes pour répondre à l’urgence !

Alors que l’annonce de la stratégie pauvreté du gouvernement vient d’être reportée à septembre, le Collectif des Associations Unies présente des propositions clés, indispensables à la réalisation des promesses du Président de la République :

  1. Revaloriser l’APL et appliquer la Garantie Universelle des Loyers. Instaurer un moratoire sur les expulsions locatives sans relogement avec dédommagement des propriétaires et appliquer l’encadrement des loyers prévu par la loi Alur.
  2. Apporter une solution digne et immédiate en hébergement à toutes personnes en situation de détresse. Rompre avec la gestion saisonnière de l’hébergement et appliquer le principe de non abondon sur l’ensemble du territoire ; cette politique ne peut se faire sans le respect des principes d’inconditionnalité et de continuité de l’accueil.
  1. Revenir sur les mesures d’économies pour garantir la construction de logements sociaux dès le nouveau projet de loi de finances et se donner les capacités de construire 60 000 logements très sociaux.

[1] Chiffres baromètre 115 – septembre 2017;

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#Présidentielle2017 : 5 propositions pour en finir avec la grande exclusion et le mal-logement !

Le Collectif des Associations Unies demande aux candidats de prendre 5 engagements incontournables pour en finir avec la grande exclusion par le logement :

1. ACCUEILLIR DIGNEMENT TOUTES LES PERSONNES VULNÉRABLES : PERSONNE NE DOIT ÊTRE CONTRAINT DE VIVRE À LA RUE !

  • Réaffirmer l’accueil inconditionnel des personnes en situation de vulnérabilité, quelle que soit leur situation administrative.
  • Offrir toute l’année un parc d’hébergement respectueux des libertés et de la dignité des personnes, ce qui suppose de rompre avec la gestion saisonnière de l’hébergement et d’appliquer le principe de non abandon sur l’ensemble du territoire.
  • Développer l’accès direct au logement des personnes sans abri, avec un accompagnement adapté.
  • Doubler le nombre de places en Centres d’accueil pour les demandeurs d’asile (Cada), soit + 40 000 places sur le quinquennat.

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